Interview de Alexandra Neehaus, créatrice du site Késoa

Alexandra Neehaus, créatrice du site KésoaAlexandra Neehaus est la créatrice du site Késoa, un site qui vous propose de découvrir l'artisanat issu de Madagascar et qui oeuvre dans une démarche équitable. Elle nous livre les réponses à quelques questions.

Késoa
www.kesoa.com dans la catégorie Gastronomie

Bonjour Alexandra, peux-tu nous résumer ton parcours ?

Bonjour Fabrice,

Principalement, j’ai travaillé 7 années dans le secteur automobile où j’ai occupé un poste de comptable puis de responsable d’équipe.
Cette expérience m’a beaucoup servi car j’ai apprécié prendre des décisions et des responsabilités mais l’ambiance et la pression au quotidien était trop pénible à supporter. Très vite, l’envie d’indépendance s’est fait ressentir et la création d’entreprise est devenue une évidence.
J’ai quitté mon emploi et suivi une formation « création d’entreprise » avec la CCI (Chambre commerce et industrie) du Loiret, ça m’a permis de finaliser mon projet de création et de connaître les bases essentielles pour devenir chef d’entreprise.

Un an après, j’ouvrais ma boutique en ligne Késoa, spécialisée dans l’artisanat de Madagascar.

Sensible au développement durable et passionnée par les voyages, j’avais envie de concilier travail et démarche solidaire.

Comment est venu cette idée de te lancer dans le ecommerce ?

L’idée est née d’une rencontre avec mon fournisseur qui est gérant d’un magasin Malgache, lui avait besoin d’élargir son réseau de distribution et moi de créer mon entreprise. Le courant est tout de suite passé et nous avons convenu un partenariat. Travailler dans le commerce équitable est très valorisant, je me sens utile et j’ai plaisir à vendre lorsque je sais que chaque produit acheté dans ma boutique contribue à l’amélioration des conditions de vie dans les villages Malgaches.

Internet est un outil de communication incontournable, le e-commerce était le mieux adapté pour distribuer sur le territoire Français mais aussi vers l’international. J’ai contribué à la construction du site et j’ai très bien été conseillé, notamment pour le référencement, par une équipe de graphiste et webmaster très sympathiques et professionnels.
Je maitrisai l’outil informatique mais il a fallu que je me forme à la gestion d’un site e-commerce : Connaissances techniques, web, référencement…

J’ai rapidement était séduite par Internet car ça permet de toucher une clientèle plus large et de communiquer sur les richesses de Madagascar encore méconnues du grand public.

Comment sélectionnes-tu les objets mis en vente ?

J’ai la chance de pouvoir choisir mes produits parmi ceux importés directement par mon fournisseur qui assure en parallèle la vente en magasin, salons et foire. Je fonctionne au coup de cœur, je privilégie l’originalité, la qualité et l’esthétique.
Tous les produits sont fabriqués à la main avec les matières premières du pays et chaque pièce est unique.

Avec mon partenaire, je travail sur la créativité et la conception des objets artisanaux mais comme les artisans ont très peu d’outils et de moyens, il faut se rendre sur place pour voir les possibilités de fabrication, former les artisans et vérifier la conformité du cahier des charges. La mise en place des structures et ateliers actuels a demandé 6 années et la route est encore longue pour exploiter toutes les ressources naturelles et savoir faire du pays.
Chaque voyage effectué par mon fournisseur direct est une découverte, je découvre à chaque fois de nouveaux produits et nouvelles matières, que de belles surprises !

Comment fais-tu face aux contraintes liées à l'import ?

J’ai choisi de limiter les intermédiaires en travaillant avec un seul fournisseur qui importe directement les produits de Madagascar afin d’assurer aux artisans et producteurs locaux une rémunération plus juste et durable. Il va lui-même sélectionner les produits sur place ce qui n’est pas toujours réalisable à cause de l’ instabilité politique du pays. Les voyages sont donc planifiés en fonction de la situation du pays et l’arrivée des containers peut demander plusieurs semaines voir des mois. Il faut donc assurer un stock important pour pallier aux retards éventuels et cela demande un budget assez conséquent.

Le pays rencontre aussi des problèmes liés à l’exploitation illégale et abusive des exportations des ressources naturelles, telles que les bois précieux qui deviennent interdits à l’export. Nous espérons vivement qu’un aménagement contrôlé des exportations soit mis en place.

Comme nous faisons du commerce équitable, les frais occasionnés par l’importation (Fret, douane, transport…) sont répercutés sur le prix de vente et non sur les salaires des artisans locaux. Nous nous efforçons de pratiquer des prix raisonnables et nous ne voulons surtout pas sous-estimer la valeur réelle des produits artisanaux Malgaches. Un produit original, de qualité et en quantité limité à un certain coût !

Et si c'était à refaire ?

Sans hésiter, je recommencerai car le métier d’entrepreneur est passionnant. Je fait de belles rencontres et je gère mon temps comme je l’entends. Je travaille plus que lorsque j’étais employée, c’est aussi plus d’interrogations, de prise de décisions mais cela ne dépend que de moi et c’est très motivant.
Au début, j’avais des incertitudes sur la viabilité de mon site e-commerce mais en passant du statut de salarié à l’entreprenariat, j’ai pris confiance en moi et j’espère développer mon entreprise.


Merci Alexandra pour nous avoir fait partager ton expérience.

Quelques infos sur Késoa


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